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Jeanne Balibar en concert - Le 12 avril 2007 au Théâtre Denis
Dès son entrée en scène, Jeanne Balibar surprend par son charisme et sa présence scénique.
Elle arrive maquillée sobrement, coiffée avec simplicité et vêtue d’une longue robe verte, fraîche et élégante.
La première chanson qu’elle interprète nous plonge brusquement dans un tout autre univers. Elle chante « Je me mutile / c’est bien utile / pour attirer / ton attention », les paroles de Cinéma, l’un des titres de son dernier album. Se contenter de dire qu’elle chante serait d’ailleurs insuffisant, elle semble vivre le texte physiquement, habitée et vertigineuse. Un début de concert surprenant qui transporte violemment le spectateur dans l’univers brut et singulier de la chanteuse.
L’accompagnement musical se fait discret, il s’efface pour mieux laisser résonner sa voix grave et pénétrante. |
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A voir Jeanne Balibar chanter sur cette scène hyéroise particulière, on ne peut s’empêcher de penser à sa carrière d’actrice de théâtre. Un peu trop peut-être. Au fil des chansons, elle se glisse avec une aisance déconcertante dans la peau des différents personnages qui l’habitent.
Surprenante également, la facilité avec laquelle elle abandonne son jeu entre chaque morceau. De nouveau simple et naturelle, elle adresse alors une parole ou un sourire discret aux musiciens.
Et puis brusquement, la musique change de ton et l’univers mélancolique des premières chansons laisse place à une tonalité rock plus puissante, délicieusement interprétée par les Poni Hoax.
Chaque morceau possède son propre univers, et la voix de Jeanne Balibar se module en fonction de l’intonation qu’elle veut prendre. Son phrasé particulier, même s'il n’aide pas toujours à la compréhension des paroles, s’accorde harmonieusement avec le rythme de la musique.
Dommage que la chanteuse ne se défasse pas d’une sorte de nonchalance que l'on finit par trouver un peu surfaite, et qui atteint son paroxysme lorsqu’elle allume une cigarette avant d'entonner Diable, l’un des titres phares de son dernier album. On peut également regretter qu’elle n’ait pas profité du cadre particulier du petit théâtre pour instaurer un réel échange avec le public, au profit d’un jeu de tragédienne certes habitée mais un peu surjoué.
Jeanne Balibar n’en reste pas moins une personnalité mystérieuse qui occupe l’espace scénique avec grâce et sensualité. Une artiste charismatique dont on ne saurait dire avec certitude si elle est un peu trop actrice ou tout simplement entière. |